Baccalauréat 2021 : la covid met la tête à l’envers au ministère

(actualisé le )

La FA-ENESR constate l’épuisement des équipes dans les collèges et les lycées, résultat de l’incertitude permanente et des modifications de la gestion des apprentissages en raison de la covid depuis mars dernier. Les élèves subissent une situation des plus angoissante pour la préparation de leurs diplômes.

Baccalauréat 2021 : la covid met la tête à l’envers au ministère
Version téléchargeable et imprimable

En réponse ministérielle pour adapter la tenue des examens à la situation exceptionnelle actuelle, quatre textes portés devant le conseil supérieur de l’éducation du 7 janvier prévoient, dès le mois de janvier 2021, le remplacement des E3C par un contrôle continu.

La FA-ENESR ne peut se contenter de ces décrets de dernière minute, alors même que tous les enseignements étaient tournés vers la préparation des évaluations communes (ex E3C).

Plus inquiétant encore, aucune proposition pour les épreuves de spécialités qui doivent se dérouler du 15 au 17 mars !

En outre, la délivrance de l’attestation en langues est supprimée pour les candidats au baccalauréat de la session 2021. La FA-ENESR ne comprend pas le rapport avec la crise sanitaire ? Questionné sur ce point, le ministère donne des explications désarçonnantes : ce serait pour éviter le manque d’homogénéité sur tout le territoire en raison du contexte actuel et du caractère national de cette attestation.

De plus, il est prévu de supprimer, faute de pouvoir l’organiser dans le respect des gestes barrières, l’évaluation des compétences acquises lors de la formation SST (Santé et Sécurité au Travail) dans le cadre de l’épreuve de prévention-santé-environnement (PSE) au CAP, et par conséquent de neutraliser les points qui y sont rattachés pour le calcul de la note de PSE. Dans le même temps, le ministère encourage tout de même la mise en place de cette évaluation quand c’est possible, et dans ce cas elle donnerait lieu à la délivrance d’une attestation. Ici on ne nous parle plus d’homogénéité sur tout le territoire !

Les mesures prises dans la précipitation en 2019 pouvaient être compréhensibles, alors que personne n’était préparé à vivre une crise aussi grave et aussi longue, mais ça ne l’est plus aujourd’hui que nous sommes sortis de la stupeur provoquée par le virus.

Par ailleurs, force est de constater qu’au regard des mesures prises, le ministère n’envisage aucune amélioration sanitaire. Est-ce l’aveu susurré d’un gouvernement qui ne sera pas prêt pour des vaccinations massives des personnels et des élèves avant la fin de l’année scolaire ?

A l’heure où tout va à l’envers, où fumer vous protégerait du virus soi-disant, où Dijon est une enclave protégée, le ministère est dans la tendance… A moins qu’il ne nous amène subrepticement vers un contrôle continu pour les diplômes du secondaire. S’il l’avouait ouvertement, peut-être la FA-ENESR serait-elle encline à mieux en discuter.

La FA-ENESR pense aux élèves de terminale, particulièrement touchés pendant deux des années les plus importantes de leur scolarité. Elle dénonce le sacrifice de cette génération de bacheliers, par manque d’anticipation aussi bien sur l’organisation des examens que sur celle de la vaccination, seule lueur d’espoir pour nous sortir enfin un jour de cette crise sanitaire.

A l’envers, tout va à l’envers…